KLANGKABARETT | 15-17 avril | Tojo | Berne

Foire aux monstres sonores

Au TOJO, Theater am Reitschule, Berne
les 15, 16 et 17 avril 2010 à 20.30


Wanda Obertova : chant
Yannick Barman : trompette, électronique
Anne Gillot : clarinette basse
Benoît Moreau : clarinette, piano
Ariel Garcia: guitare, banjo, trompette
Dragos Tara : contrebasse, arrangement
Luc Muller : batterie

Textes français :Nicolas Carrel
Mise en scène : Benoît Blampain
Scénographie, costumes : Roberto Baìza
Lumières : Gaspar Pahud
Son: Antoine Etter

Tojo Theater
Reitschule Bern
Neubrückstrasse 8
Bern

+41 031 306 69 69
tojo@reitschule.ch

www.tojo.ch


Le Courrier du Mercredi 10 Mars 2010, RODERIC MOUNIR

Un cabaret insolite et déglingué
Au Palais Mascotte, «Klangkabarett» dynamite le genre avec succès.


Du cabaret comme vous n'en avez jamais vu. Voilà ce qui arrive quand une troupe de jeunes musiciens talentueux, pour la plupart issus des musiques improvisées, s'empare d'un imaginaire codifié et lui inflige un traitement de choc. Gothique et déjanté à la Rocky Horror Picture Show, avec une pointe d'étrangeté «lynchienne», Klangkabarett est d'abord un ébouriffant trip sonore, entre fulgurances électroniques, digressions jazz/punk et poésie abstraite.

Mis en scène par Benoît Blampain sur une scénographie de Roberto Baìza, Klangkabarett se joue jusqu'à samedi au Palais Mascotte à Genève. L'affaire commence de manière a priori traditionnelle, sur l'air de «Life is a cabaret», immortalisé par Liza Minnelli dans le film de Bob Fosse. Sauf que le sextet qui s'exécute est outrageusement travesti (tout de noir vêtu, visages grimés en blanc, yeux cernés de khôl) et que les instruments (contrebasse, cuivres, guitare, batterie) crissent et caquètent tout autant qu'ils respectent leur partition. Et c'est sans compter les parasitages électro qui s'invitent à la fête.

Au micro, Wanda Obertova n'est pas en reste. Polyglotte et polymorphe, la chanteuse et comédienne passe avec un égal aplomb du romantisme de pacotille au style aguicheur – qu'il s'agisse de battre des cils ou dandiner du popotin – avant de déraper «destroy» avec force roulements d'yeux et cambrures venimeuses. Les standards de Kurt Weill («Tango Ballade», «Seeraüber Jenny», «Surabaya Johnny») côtoient l'expressionnisme rock de David Bowie, Nina Hagen, Diamanda Galas, et des compositions maison dont les textes sont signés Nicolas Carrel. Sombre et drôle, jubilatoire.

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